KINGSTON FLEMINGS : SCOUTING REPORT

December 22, 2025
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KINGSTON FLEMINGS : DÉVOREUR D’ESPACES

Kingston Flemings est aujourd’hui considéré comme l’un des prospects les plus excitants de la classe 2026 . Originaire de Virginie, il a ensuite fréquenté le William J. Brennan High School de San Antonio (Texas), où il a dominé le niveau lycéen.
Au cours de sa carrière universitaire, il a compilé plus de 2 400 points, près de 900 passes décisives et plus de 800 rebonds, menant son équipe à un bilan impressionnant de 127 victoires pour 25 défaites sur quatre saisons.

Sa saison senior a été particulièrement marquante : 20,4 points, 6,8 passes et 6,4 rebonds par match, une qualification en demi-finales de l’État du Texas, et deux distinctions majeures — Gatorade Texas Player of the Year et MaxPreps Player of the Year.
Lors de son recrutement universitaire, son père a notamment insisté sur l’importance de la culture d’équipe, des éléments centraux dans le choix de l’université de Houston.

Houston est une équipe connue pour sa philosophie de jeu rigoureuse et son identité très forte depuis l’arrivée de Kelvin Sampson à la tête du programme. En dehors du terrain, Flemings affiche également un vrai désir de redonner à sa communauté : il a notamment organisé un camp de basketball, « 4 The City », à San Antonio, accompagné d’une collecte de dons pour venir en aide aux victimes d’inondations dans la région.

UN CONTEXTE PEU FAVORABLE… MAIS DES CHIFFRES ÉLITES

Si le spacing de Houston peut parfois sembler discutable — Milos Uzan n’étant pas un shooteur élite et Tugler/Cenac n’étant pas des intérieurs capables d’étirer le jeu — Flemings affiche pourtant des chiffres impressionnants : 85e centile sur les points dans la raquette, avec 70 % de réussite au tir.

Comment expliquer qu’il soit devenu l’un des meilleurs drivers du pays dans un tel contexte ?

Avec 65 possessions par match, les Houston Cougars se classent 346e au ranking NCAA en termes de tempo. Houston est donc, par essence, une équipe de demi-terrain.

L’organisation offensive repose majoritairement sur un duo de ball handlers, composé de Milos Uzan et Kingston Flemings, avec des écrans posés par Cenac ou Tugler. Emanuel Sharp, l’un des shooteurs à haut volume les plus fiables du college basketball, joue un rôle essentiel pour étirer la défense et créer de l’espace.

Avec respectivement 31 % et 25 % d’AST Rate, Uzan et Flemings sont les deux véritables métronomes de l’attaque des Cougars. Leur usage est relativement similaire (autour des 20 %), alternant les possessions initiées en tête de raquette.

LE TEMPS COMME ALLIÉ

« Le spacing est avant tout une question de timing. Toujours anticiper une action pendant qu’une autre se produit. » — Ettore Messina

C’est précisément dans ce domaine que Kingston Flemings excelle. Sa qualité élite réside dans son attaque du cercle, via des drives très horizontaux, destinés à faire collapser la défense adverse.

Flemings anticipe l’action avant même de recevoir le ballon. Sur les closeouts mal maîtrisés, il punit immédiatement : il a déjà choisi sa lecture avant la réception, ce qui le rend imprévisible et témoigne d’une vision de jeu avancée.
Son premier pas électrique est évidemment un facteur clé, mais c’est surtout sa capacité à attaquer les espaces laissés qui dynamise une attaque de Houston trop souvent statique.

Il utilise très bien ses épaules pour déclencher sa course ou manipulé les angles de drive, aussi bien main forte que main faible, et combine vitesse + timing comme peu de joueurs à ce niveau. Partant souvent de zéro degré (peu d’attaques depuis les ailes), il bénéficie d’une longue distance de drive, propice aux changements de rythme — même s’il choisit le plus souvent d’attaquer à pleine vitesse.

Ses appuis courts et rapides, proches d’une forme de hésitation sans décélération, lui permettent de freeze la défense sans perdre de vitesse, un trait rare pour un joueur de ce gabarit.

LA GESTION DU PICK AND ROLL

Flemings comptabilise 43 possessions de Pick and Roll, dont 33 en High PnR, principalement en tête de raquette. Son volume augmente sensiblement lors des gros matchs (Auburn, Arkansas, Tennessee).

Le principe est clair : maximiser l’espace pour générer la meilleure ligne de course possible. La majorité des écrans sont suivis d’un roll, créant deux menaces simultanées vers le cercle. Flemings s’appuie beaucoup sur la course du pivot (Tugler ou Cenac) pour ajuster la sienne.

Son gabarit relativement fin lui permet de naviguer facilement pour prendre efficacement l’écran, de changer l’angle de son drive et de se retrouver fréquemment en 1-contre-1. En revanche, lorsqu’il doit finir dans le trafic, ses limites apparaissent : taille moyenne, body control perfectible, et tendance à arriver très (trop) vite au cercle, ce qui le rend vulnérable au contact.
Il cherche donc souvent à éviter le contact plutôt qu’à l’absorber.

LE PULL-UP : UNE ARME SOUS-COTÉE

Dans son arsenal offensif, le pull-up à mi-distance occupe une place importante.
77 % de ses tirs mi-distance sont auto-créés, avec un 13/28 sur les off-the-dribble jumpers (53 %), un chiffre très solide.

Ce tir lui permet d’utiliser la menace du shoot comme une forme d’hésitation, rapprochant le défenseur pour mieux le battre ensuite. Contre les défenses en drop coverage, cette capacité à déclencher en pleine course est capitale : l’adversaire est contraint de monter, ouvrant la voie a un potentiel drive.

Le pull-up lui permet également d’éviter des drives trop horizontaux et de se repositionner dans ses hot zones. À long terme, ce type de tir peut prolonger une carrière NBA — à l’image de Chris Paul, dont le mi-distance est devenue centrale à mesure que son rim pressure diminuait.

UNE QUALITÉ DE PASSE CERTAINE ? 

Avec 57 passes décisives pour 24 ballons perdus, Flemings affiche un TO Ratio de 2,38, l’un des meilleurs parmi les freshmen NCAA.

La majorité de ses passes proviennent de situations de drive-and-kick. Ses nombreuses paint touches génèrent des tirs ouverts, un élément clé dans le basketball moderne. Sa capacité à trouver les shooteurs dans les coins ou sur les ailes — souvent à une main — témoigne d’une vraie aisance technique.

Il reste cependant perfectible dans certaines lectures sur Pick and Roll, notamment dans la zone médiane et la zone haute. Flemings n’est pas un maestro du PnR à la manière d’un Mikel Brown Jr, et l’attaque de Houston ne met pas particulièrement en valeur des lectures comme les pocket passes, drop passes ou alley-oops. La plupart des coéquipiers qu'il arrive a trouver son souvent dans des positions stationnaires. Un passing encore perfectible si il veut vraiment etre efficace sur drive et ajouter sa gravité d'attaque du cercle pour trouver des coéquipiers.

Un défaut réellement rédhibitoire ? Pas nécessairement. Flemings excelle dans les lectures simples et rapides, ce qui correspond parfaitement aux exigences de la NBA moderne, où chaque joueur doit être capable d’accélérer le jeu sans monopoliser le ballon. Dans ce cadre, sa complémentarité avec un guard expérimenté comme Milos Uzan est précieuse dans le développement d'un freshman. 

Pour situer Kingston Flemings dans un cadre NBA, voici quelques comparaisons de style :

  • De’Aaron Fox (light) : pour la vitesse linéaire, les drives horizontaux et la pression constante sur le cercle.
  • Tyrese Maxey (college version) : même capacité à attaquer les closeouts et à jouer à pleine vitesse sans trop de changements de rythme.
  • Jalen Brunson jeune : pour l’usage du pull-up comme outil de création, bien que Flemings soit moins avancé dans le footwork et le body control.
  • Immanuel Quickley : dans l’équilibre entre scoring, pull-up et création secondaire, plus que dans le pur playmaking.

Kingston Flemings est avant tout un créateur d’avantages, un joueur qui déforme la défense par le timing et la vitesse plus que par la puissance ou la taille. Dans un contexte NBA avec plus d’espace, son profil de space-eater pourrait prendre une dimension encore plus dangereuse.